Chez Jo

[Visite en juin 2013]

C’est par un beau samedi ensoleillé que nous trouvons un Manapany riant, avec son front de mer au puissant chant de vagues à faire baver les surfeurs, ses résidences coquettes pelotonnées contre la pente raide, et son bassin de baignade à l’eau claire qui, par ces temps, ferait le bonheur de touristes norvégiens. Juste au-dessus dudit bassin, Chez Jo est ouvert. Et nous avons décidé d’y mettre le nez, les papilles et le reste, histoire de voir si la réputation dont jouit cet établissement dans le sud est justifiée.

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Comme à notre habitude nous débarquons tôt, et sommes accueillis avec sourire et amabilité par le personnel, et aussi avec les couleurs des plats à emporter qui attendent le client à l’entrée. De quoi achever de nous mettre en appétit après la petite promenade aux embruns que nous venons de faire.
Bon signe déjà, la carte est serrée : 8 salades dont deux « géantes » (pour 13 euros) et 7 plats, dont deux créoles (rougail saucisses et cari zourite) : entrecôte grillée, magret de canard, fricassée de poulet aux pleurotes, entre autre.

Les plats du jours sont sur l’ardoise du fond. Ce jour : rôti de porc aux brèdes chouchous (des brèdes, alléluia!), espadon à la chinoise, émincé de bœuf au gingembre, filet de cerf ou salade de palmiste au foie gras poêlé pour les fins gourmets.

Le rôti nous plaît bien, et nous testerons aussi les cuisses de canard à la vanille, pour voir. Mais avant d’attaquer les plats nous ouvrons le bal avec quelques samoussas au jambon-fromage, des accras et des bonbons piments. Nous notons que du jus de goyavier frais est proposé comme rafraîchissement.

Les amuses-bouches créoles sont servis dans un vanne et nous apprécions l’effort de présentation, tout en déplorant que tout cela soit un peu froid, un petit passage au four n’aurait pas été de trop. Rien à dire pour autant sur le goût. Les samoussas au fromage ne sont pas notre tasse de thé, mais ils sont bien dodus et savoureux.

Les choses sérieuses arrivent vite, servies à l’assiette. Les portions sont conséquentes et la présentation est simple mais soignée.

Parlons d’abord du canard. Ici, « canard » rime avec « standard ». Rien d’extraordinaire en effet. La sauce épaisse, d’une belle couleur foncée, est légèrement sucrée-salée comme nous nous y attendions, mais la saveur de vanille est lointaine. Trop lointaine. Sur ce genre d’exercice, le dosage est capital : trop de vanille tue le plat, en risquant de le rendre un peu écœurant, et le cuisinier a semble-t-il préféré jouer la prudence. D’autre part la viande elle même manque de corps allant jusqu’à être légèrement sèche. Rien de dramatique pour autant. Le plat est correctement réalisé.

Le rôti est d’un autre niveau. La viande a ce caractéristique parfum de fumé-cramé, où flottent le poivre et le thym, avec de belles couleurs miel. En bouche, les chairs sont d’une souplesse magnifique, tendre comme une fiancée qui sent l’amour, et les lentilles avec leur bonne odeur de roussi safrané l’accompagnent judicieusement.

Un mot sur les brèdes chouchous : un peu trop cuites à notre goût, et donc avachies dans l’assiette, elles sont quand même très bonnes, avec un sel bien dosé et le petit piquant d’ail qui va avec. Et c’est très bien de mettre des brèdes à table, nous n’en voyons pas assez dans les restaurants soi-disant créoles que nous visitons. Tout cela est parfaitement soutenu par un très bon rougail tomate claque-zoreils, où le piment vert donne de la voix.

Nous terminons avec des desserts par pure conscience professionnelle, car il ne reste guère de creux à boucher. Il le faut bien, ce sont des desserts « maison ». Nous vous laissons le café gourmand, la tarte tatin et la mousse au chocolat, préférant une crème brûlée à la vanille et un tiramisu.
La crème brulée, tiède, est une douceur lactée exquise, au fondant incomparable. Le tiramisu, tout de mousse et de crème vous donnerait l’envie d’y mettre la tête toute entière pour peu qu’il soit dix fois plus gros, c’est tout dire !

Nous repartons comblés, au sens physique du terme, après avoir réglé une addition de 48,50 euros, soit un peu plus de 24 euros par personne (sans les boissons) ce qui, en regard de la qualité globale, de l’accueil et du cadre, nous paraît honnête.

Chez Jo, endroit charmant dans un coin charmant, vous propose une cuisine variée et très correcte, dans un cadre sympa. Du sauté chinois au foie gras poêlé, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Du reste, on ne s’y trompe pas : à 13h, il restait peu de tables libres parmi la centaine de couverts disponibles, en comptant l’extérieur. Grand coup de chapeau au personnel, qui, malgré le monde, a assuré le service avec célérité. De très bonnes raisons pour décerner à l’équipe de chez Jo une très jolie fourchette en argent, avec recommandation spéciale !

Pour résumer : 
Accueil : bien • Cadre : très bien • Présentation des plats : bien
Service : très bien • Qualité des plats : bons
Impression globale : bonne table
Fourchette en argent

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