Chez Nehoua

C’est sous un ciel radieux avec la chaleur de saison que nous décidons de partir pour la bonne ville de Saint-André, en plein bazar du samedi, afin de nous sustenter chez Nehoua, au restaurant Kom’ la Case, à cinquante mètres derrière l’église.

Une belle terrasse contenant près de 70 couverts nous accueille, avec son pied de letchis qui apporte un peu de fraîcheur à l’endroit. On nous reçoit avec le sourire. Nous nous installons sous l’arbre et l’on nous sert une désaltérante à mousse avec la carte. Carte chinoise pour l’essentiel. Pas moins d’une cinquantaine de plats aux viandes diverses, des sautés et shop-suey pour la plupart. 

Sur commande on peut également déguster cari bichiques, civet d’autruche ou dinde aux marrons, entre autres. Deux formules, «Ti case» et «Ti villa», associent entrées et plats de résistance pour 17 ou 25 euros par personnes. 

Pour leur part les plats du jour sont bien créoles : on nous propose un cari poulet palmiste et un civet de cerf. Nous optons pour ce dernier et commandons un plat de sarcives, de haute réputation, nous a-t-on informés. Ils sont servis en quantité honnête, assez pour nous permettre de les apprécier à leur juste valeur. Et leur réputation n’est certes pas usurpée. Une viande parfumée,  légèrement collante sous la dent, d’une souplesse sans égale, avec un juste équilibre dans le sucré-salé, nous procure un plaisir continu qui déclenche ce geste du bras, celui qui va puiser les morceaux dans le plat, comme une sorte de toc mécanique, jusqu’à ce que le vide s’ensuive !

Et qu’il est agréable ce plaisir du contentement quand les restes du parfum des défunts sarcives continue de nous caresser la luette ! 

Parfum d’autant plus fugace que voici le civet de cerf. Et il va débouler comme chien roquet derrière poule-la-cour dans la cuisine de l’ailleule d’Ernestine.

Le gibier aux bois, d’importation, nous subodorons, plaide non coupable. Parce qu’à vrai dire il fallait avoir le palais fin pour distinguer sa saveur sauvageonne au milieu du tintamarre olfactif et gustatif du poivre et du girofle dosés à la sulfateuse. Oui nous l’avons quand même apprécié, nonobstant, poussant le vice masochiste jusqu’à laisser le rougail tomate nous rejouer Verdun 1916 dans ce déluge épicé. Nous renvoyons illico la blonde mauricienne réclamer un cessez-le-feu, ce qui permettra au gingembre-mangue du rougail de compter fleurette au civet le temps d’une bouchée. Une association non dénuée d’intérêt. Enfin, bon point pour les grains, très goûtus.

Une crème brûlée et un café viennent clore le repas avec une addition de 25 euros et des clous de girofle, tout compris. Très honnête compte-tenu de la qualité globale.

Kom’ la Case, ou chez Nehoua, comme on voudra, est une adresse très prisée des Saint-Andréens, et nous ne leur en ferons pas grief. L’endroit est sympathique, on y est bien accueilli, et pour ce qui concerne les mets créoles, nous n’avons pas été déçus, malgré le manque de finesse du civet, qui n’était pas fait pour les chochottes. Pour ça et pour les sarcives divins, nous décernons à Kom’ la Case une très jolie fourchette en argent.

Pour résumer :
Accueil : bien • Cadre : bien • Présentation des plats : perfectible
Service : bien • Qualité des plats : bons
Impression globale : bonne table
Fourchette en argent

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