Le Petit Gourmet

p1000945Aujourd’hui, nous remontons une fois de plus les sinuosités saint-pauloises pour nous rendre aux portes du Maïdo.

Un site où nous avons déjà testé trois restaurants ces dernières années, avec plus ou moins de bonheur, et plutôt moins que plus dailleurs puisque deux des établissements visités s’en sont sortis avec des fourchettes en inox.

C’est conséquemment plein d’espoir et carnet de chèque en poche que nous décidons de mettre les pieds sous la table du Petit Gourmet (qui n’accepte pas les cartes bancaires). Impossible de le manquer, en bord de route, avant la luge, sa tour Eiffel miniature posée sur le socle d’un alambic. Le restaurant d’une quarantaine de couverts est confortable et accueillant, avec sa cheminée où quelques braises appaisent les fraîcheurs hivernales, et ses petits bouquets sur les tables. C’est simple, mais coquet. A la carte : steack hâché au poulet (précisé pour les enfants), rougail saucisses, persillade de camarons aux baies roses flambée au pastis, cari poulet, civet zourite et civet de pied de porc. Gâteaux péi et crèpes sont disponibles au dessert.

Nous commandons le rougail saucisses, le civet de pied de porc et les camarons aux baies roses, le tout accompagnés de riz, grains et rougail tomate.

p1000993Le rougail saucisses, fumées, ressemble comme un jumeau à celui que nous avons dégustés tantôt au Moulin à eau. Belle sauce rouge coagulée, à la tomate en tôle, saucisse moulue, poivre causant, sel raisonnable. Du rougail saucisses standard certifié Réunion. Sans surprise bonne ou mauvaise.

p1000995La patte cochon s’en sort bien mieux, même si, sous la dent, la viande ne propose pas la souplesse fondante à laquelle nous nous attendions. En revanche, la belle peau au reflet cuivré cède sans difficulté. Le tout offre une saveur de vin cuit toute en subtilité, qui laisse s’exprimer les épices dans un fond de sauce au fumet intéressant. Ce n’est certes pas le meilleur civet la patte que nous avons mangé, mais il se situe dans une moyenne très honorable.

p1000994Les camarons baignent avec bonheur dans leur sauce à la crème, dont le riz profite largement, avec des baies roses heureuses qui apportent à l’ensemble leur parfum poivré et floral unique. Quelle belle idée ! Heureusement pour les crustacés qui pêchent par un léger défaut de goût. Un passage au fond de marmite trop rapide sans doute, qui manque de sucs, et qui aurait mérité un déglaçage flambé avec Johnny qui marche, ou Jack, selon les affinités, plutôt qu’avec le Pastis, dont l’inimitable saveur est ici trop timide en face des puissantes baies. Peut-être aurait-il fallu en mettre moins. Le persil y joue honorablement sa partition, en diffusant sa fraîcheur picotante. Pour accompagner tout cela, des grains rouges hélas trop salés et un rougail tomates haché et non pilé, calibré pour les touristes, sur l’échelle de Scoville, et assez bon.

p1000998Nous terminons avec deux parts de gâteau maison : ti-son et patate, joliment apprêtés de chocolat fondu et de chantilly. Le Ti-son est comme Vahiné : gonflé, nous irions jusqu’à dire aérien. La pâte est souple et un parfum légèrement caramel-café s’y déploie magnifiquement. Le gâteau patate est un peu plus dense, mais sans aller jusqu’au degré que le créole appelle « comblage ». Très bon aussi. Addition : 75 euros pour quatre personnes, boissons comprises, soit un peu plus de 18 euros par personnes. Le rapport qualité-prix est acceptable.

En dix ans, le Petit Gourmet a bien évolué. Il ne ressemble plus à la cabane pour randonneurs des origines et a gagné en confort. Dans l’assiette, ça s’est amélioré aussi, y compris le dressage. Une petite marmite pour les grains, une fleur de capucine, quelques éclats de tomates… on sent l’effort pour présenter aux clients une assiette la plus appétissante possible. D’autres restaurants devraient prendre exemple. Il y a largement matière à aller plus loin, ce ne sont pas les produits qui manquent à commencer par les graines de capucines, qui, confites, rappellent la saveur des câpres, et peuvent aussi servir de décoration. Une cuisine locale très bonne, un plat qui sort un peu des sentiers battus (et qui, espérons le, n’est pas le seul), un accueil souriant, un service efficace, un dressage soigné : autant de raisons valables pour décerner au Petit Gourmet une belle fourchette en argent avec recommandation de l’équipe.

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FourchettesPour résumer : Accueil : bien • Cadre : bien • Présentation des plats: bien • Service: très bien • Qualité des plats : bons • Rapport qualité-prix: très correct.
Impression globale : bonne table
Fourchette en argent 

La présente critique a été réalisée le 21 août 2016, à partir de midi, et ne prétend pas être une vérité absolue et définitive. Notre point de vue est subjectif, par nature, mais parfaitement honnête. Nous certifions n’avoir aucun rapport de près ou de loin avec les propriétaires de ce restaurant et aucun intérêt à attribuer à ce dernier une bonne ou une mauvaise note. Dans tous les cas, le restaurant dispose d’un droit de réponse.

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