Kom’ la case

img_0703Le restaurant Kom’ la case est toujours là. Toujours sa vaste terrasse couverte, son pied de letchis au fond (chargé, cette fois, mais défense d’y toucher!) et a priori le même personnel avenant.

Depuis octobre 2013, date de notre première visite, ils ont tout de même dû changer quelque chose, car l’endroit nous paraît moins sombre.

La carte, elle, est identique, avec les sautés aux viandes interchangeables et les plats créole au menu, exécutés par le même chef que le Francis-céa, restaurant plus « standing » situé à quelques centaines de mètres de là, et noté lui, fin de l’année dernière, d’une fourchette en argent avec recommandation. Kom’ la case, comme son nom l’indique, c’est comme à la case, plus authentique et familial. Et moins cher. La boutique, en face, approvisionne le restaurant en sarcives « qui déchirent ». Entre le civet de coq et la patte cochon, nous tentons la patte cochon, plus un sauté de poulet au gros piments, pour chinoiser un peu, et voir de quoi est capable le cuistot préposé au karay. Après l’apéritif sage, sans bulles ni houblon comme la fois précédente, nous voyons arriver les plats. Le service est rapide et guilleret.

img_0711La patte cochon présente mal. La viande est quasi explosée dans son plat, à tel point qu’on n’en distingue pas les morceaux. Elle nous paraît un peu pâlotte également, sauf la peau qui est assez cuivrée. Heureusement, « le goût lé là ». Oté. Son parfum nous avait déjà cueilli à l’entrée. Dans la sauce épaisse la viande offre un fumet convenable, où nous croyons déceler l’humeur légère d’un quatre-épice joyeux. Tout est fondant, comme la vue le laissait entendre. Si ce particulier là n’a pas passé quelques heures à la marmite, il a dû tâter de la cocotte.

img_0707Le sauté de poulet affiche un peu plus d’ambition. Les vertus gustatives de la simplicité des plats au karay jouent en sa faveur. Pourtant, de prime abord, nous lui trouvons des airs de poulet cramé. La sauce est un peu noircie, mais les tranches de gros-piment ont semble-t-il été épargnées. Elles ont dû être rajoutées alors que la viande était déjà bien chatouillée par l’huile, le siave et leurs suivantes. D’ailleurs, ils gardent un certain croquant, non dénué de mordant au hasard d’un grain un peu plus autoritaire que les autres. Les gros piments, c’est un peu comme la roulette : un coup c’est fort, un coup pas du tout. On ne gagne pas à chaque fois. La viande coupée petit est tendre et glisse bien sous la dent. La dose de sel est correcte, et la saveur de l’assaisonnement, aux accents grillés, ne montre aucune espèce d’amertume suspecte. Le poulet a eu chaud au derrière mais il a été enlevé à temps.

Un mot sur le rougail dakatine : il fait un peu pitié. D’abord parce qu’on a largement vu mieux, dans la famille des rougails, dans le genre moins liquide et plus parfumé, par exemple. Ensuite parce qu’il ne va avec rien de ce que nous avons commandé. L’excuse «on n’a rien d’autre, on a pas été livré », etc, ne tient pas. On est à La Réunion, nom d’un petit piment, et il est inadmissible que dans un restaurant réunionnais du style de celui-là (et les autres aussi), le rougail ou le piment «crasé» soient aux abonnés absents. On devrait pouvoir choisir son piment en fonction du plat qu’on mange, et non se voir imposer un rougail «par défaut», entre le sempiternel piment zognon et un dakatine liquéfié. Et le message vaut pour tout le monde, pas seulement pour «Chez Nehoua ».

Une crème brûlée tout a fait civilisée vient clore le repas, avec un café. L’addition se monte à 25 euros et des grains de gros-piment, tout compris, pour deux personnes, soit un peu plus de 12 euros par tête de yab. Le rapport qualité prix est correct.

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En saison ou hors saison, l’emplacement sous le pied de letchi est inexploité. Dommage.

Dans cette bonne ville de Saint-André, Kom’ la case fait figure d’institution, surtout avec la boutique familiale d’en face où les sarcives jouissent d’une réputation galactique (vendus 7 euros la portion au restaurant). La carte, chinoise et créole, offre plusieurs possibilités de formules, et un service traiteur vous est proposé pour les événements divers. L’endroit est typique. Le pied de letchi est un plus indéniable surtout en saison. Nous trouvons toujours dommage qu’on ne puisse pas manger dessous. La cuisine créole, commune à celle du Franciscéa, est de bonne tenue. Les sautés chinois sont assez réussis. Des accompagnements supplémentaires seraient un vrai plus, comme deux ou trois rougails par exemple, et une fricassée de brèdes. Kom’ la case garde donc sa fourchette en argent, mais on pourrait espérer mieux, vu le potentiel du lieu.

FOURCHETTE EN ARGENT
Fourchettes
Accueil: bien • Cadre : bien • Présentation des plats: moyen
• Service:
 très bien • Qualité des plats: bons • Rapport qualité-prix: correct.
Impression globale : bonne table

La présente critique a été réalisée le 1er décembre 2016, à partir de midi, et ne prétend pas être une vérité absolue et définitive. Notre point de vue est subjectif, par nature, mais parfaitement honnête. Nous certifions n’avoir aucun rapport de près ou de loin avec les propriétaires de ce restaurant et aucun intérêt à attribuer à ce dernier une bonne ou une mauvaise note. Dans tous les cas, le restaurant dispose d’un droit de réponse.

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