Chez Manman

img_1936Le Tampon est l’une des communes de l’île qui accueille le plus de restaurants. La Plaine-des-Cafres y apporte son lot, certes, avec du bon, du moins bon, et du « qui s’endort un peu », profitant de la clientèle abondante par ces chaleurs.

Certains ont déjà eu des coups de semonce, d’autres devraient faire attention, nos « indics » passent et repassent, et selon les remontées d’information, nous pourrions choisir de débarquer sans crier gare, fourchette entre les dents. En attendant, pour aujourd’hui, nous resterons au Tampon Ville, du côté du Lycée Roland-Garros en travaux ou en ruine, on ne sait pas très bien, pour chercher pitance « Chez manman », rue Jules-Bertaut, à côté de la Poste.

L’établissement, fort actif sur Facebook (pas comme bien d’autres qui ouvrent une page et qui ne la mettent jamais à jour), est un petit restaurant de quartier, d’une cinquantaine de couverts, qui fait danser les barquettes le midi, et aussi le soir, mais pas les week-ends. L’accueil est sympathique. De fort accortes et jolies demoiselles font le service. La tendance générale semble être à la cuisine créole et chinoise. Nous nous laissons tenter par le rougail morue à la mangue et le poulet aux trois poivres, plus un piment la pâte vert pour remuer tout ça.

imag2458Le rougail morue se présente en robe terre de sienne foncée, avec une belle note odorante qui caresse un peu le snoek sur les bords. C’est du roussi abouti. À la première bouchée, le gingembre montre ses biceps, suivi très vite par la mangue, dont les saveurs cuites s’accompagnent une humeur subtile de fruit confit. Il n’y a pas d’erreur, la mangue est donc bien là, même si on n’en voit quasiment pas la trace, à la différence de son alter ego dégusté l’année dernière au Bertel à Saint-Denis. Le rougail morue s’en trouve transformé complètement, et le mélange des genres se conclut par de bonnes bouchées bien moelleuses et gustativement étranges mais intéressantes, sans rapport avec saveur du rougail morue classique. L’acidité finale, très parfumée, est équilibrée par une pointe sucrée.

img_1930Le poulet fumé aux trois poivres se présente avec des champignons de Paris en gardes du corps, dans une sauce épaissie à la poudre de manioc, agrémentée au slave, et dont l’ingrédient principal, les « trois poivres », rappelle un peu les préparations toutes faites qu’on trouve en accompagnement dans les rayons viandes à côté des steaks. Le résultat du mélange approche le caractère de la sauce au vin, sur les bords. Le fumet de la viande n’y est sans doute pas étranger. Le poulet est de la catégorie standard, et compatible avec les prix des repas. Il est bien cuit, et garde la cuisse digne. Accommodé de ses champignons, le plat est très correct dans l’ensemble, et confère au riz un certain glissant, à tel point que nous sommes à deux doigts d’en réclamer encore. Du poulet, pas du riz. Parce qu’en ce qui concerne le riz, c’est décevant. Le riz type basmati est sec, avec des grains trop détachés, comme de juste. Il absorbe donc mal la sauce.

Cessons de courir systématiquement derrière le supposé très bon riz basmati. Il y en a de très bons et de très médiocres, d’abord, mais surtout son grain à tendance sèche et bien détaché (ce qui est d’autant plus le cas s’il est bas de gamme) se marie mal avec nos caris réunionnais, dont la sauce aime être absorbée par un riz plus mou, pour des sensations en bouche développées. De l’aveu même de nombre de restaurateurs que nous avons rencontrés (dont celui qui nous accueille aujourd’hui, le citoyen Payet), trouver et garder un bon riz n’est pas chose aisée, d’autant que les grandes enseignes ont l’humour douteux de jongler en permanence entre les marques, les stocks, les qualités, à tel point qu’une mère charançon n’y retrouverait pas ses petits. Laissons le basmati pour le riz cantonais ou le briani, où son caractère est davantage requis. Refermons la parenthèse.

Nous terminons le repas avec une crème brûlée sans prétention, mais bien exécutée. Addition : 14 euros tout compris, avec la boisson. Le rapport qualité prix est très correct.

img_1932« Chez Manman », un nom qui augure la convivialité, l’esprit de famille, et les bons petits plats. Le restaurant du Tampon tient cette promesse sous-entendue, tant au niveau de l’accueil, du service que de la qualité des plats, dans les limites des tarifs qui sont les siennes, il va sans dire. C’est l’exemple que l’on peut très bien cuisiner avec des produits communs, voire bon marché, et réussir à sortir des plats originaux, variés et goûteux, que les clients reviendront chercher. C’est ainsi que « Chez Manman » a su se constituer un noyau d’habitués, qui peuvent prendre connaissance du menu du jour via la page facebook. Une adresse qui mérite amplement une très belle fourchette en argent, compte tenu de ce que nous avons dégusté aujourd’hui, et avec nos encouragements à toute l’équipe. L’or n’est pas inaccessible.

FourchettesPour résumer : Accueil : très bien • Cadre : bien • Présentation des plats: self • Service: bien • Qualité des plats : bons • Rapport qualité-prix: correct.
Impression globale : bonne table
Fourchette en argent

La présente critique a été réalisée le 24 février 2017, à partir de midi, et ne prétend pas être une vérité absolue et définitive. Notre point de vue est subjectif, par nature, mais parfaitement honnête. Nous certifions n’avoir aucun rapport de près ou de loin avec les propriétaires de ce restaurant et aucun intérêt à attribuer à ce dernier une bonne ou une mauvaise note. Dans tous les cas, le restaurant dispose d’un droit de réponse.

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