O Karambol

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Avril 2012, en ce même mois, nous sortons du restaurant Ô Karambol après lui avoir décoché une fourchette en plastique. Cinq ans sont passés et par un temps magnifique nous retournons dans le petit restaurant de Sainte-Marie, assis à côté du cimetière sur la rue principale.

La disposition des lieux a quelque peu changé. La salle est toujours la même, quoique les tables soient semble-t-il moins nombreuses. Un vrai comptoir pour le service des barquettes a été aménagé à côté, où les bacs à salades ont été installés. Nous nous installons dans la salle à midi pétante, accueilli avec le sourire de la patronne. Une formule entrée-plat-dessert est affichée à 18 euros, mais les salades, qui constituent les entrées, ont été déjà pillées par les clients, venus chercher pitance de bonne heure. Au menu aujourd’hui : rougail saucisses, civet de zourite, cari d’espadon, rôti de dindonneau, sauté de poulet, sauté de poisson et des côtes de porc. Nous optons pour le céphalopode et l’espadon, c’est vendredi (n’est-ce pas, donc), avec un petit supplément en rougail saucisse et un piment la pâte vert, du piment frais broyé fin avec une touche de citron.

L’apéritif précède de très peu les assiettes. Ces dernières sont bien dressées. C’est simplement fait mais agréable à l’œil.

IMG_0080Sus à l’octopus.
C’est salé. Limite trop salé, dégusté seul, heureusement que le riz arrange un peu l’affaire, ce qui permet au parfum du civet de ressortir. Le vin cuit, le poivre et le girofle restent assez sages, mais tout de même expressifs. Ils font danser le zourite dans une belle sauce épaisse, avec du liant, où des lointaines réminiscences d’iode chantent en cœur en arrière-plan. À la longue, on s’habitue un peu au sel surnuméraire, d’autant que la texture de la chair est très tendre, presque trop si l’on aime les sensations masticatoires plus franches. C’est un civet de salon, poli, débonnaire, qui a de la conversation et qui laisse de la place aux saveurs d’origine du zourite, ce qui est bien. Il plaira aux palais délicats et aux rétifs du gros rouge en cuisine.

IMG_0079À fond sur l’espadon.
Les morceaux du Cyrano pélagique nagent dans une jolie sauce orange-marron claire curcumatée comme il faut. La chair est fondante, bien davantage que celle du zourite, et heureusement, donnant son gras délicat sans timidité. Les bouchées sont savoureuses, d’autant que le caractère du poisson, trempé dans la haute mer, a été savamment maîtrisé pour se diffuser avec parcimonie dans tous les recoins de nos gencives, donnant aux épices un peu de place pour s’exprimer. Il reste sur la longueur une acidité parfumée de houle, en tandem avec une douceur fumée d’oignon fondu.

Les petits morceaux du rougail saucisses offerts à la dégustation, à notre demande, révèlent un plat très réussi. Les saucisses, à tendance maigres, dégagent un fumet subtil et intéressant que rehausse le persil. Tout cela est enrobé dans une sauce très réduite, où les tomates sont joyeuses.

IMG_0077Du bon riz bien cuit, aux grains détachés mais pas secs, accompagne les deux caris comme il faut, assisté de lentilles standards mais assez bonnes et du petit piment vert moulu, à la claque parfumée et efficace. On ne nous propose que des glaces en dessert. Tant pis. Nous prenons le café et réglons une addition de 35 euros, barquette d’espadon supplémentaire comprise. Le rapport qualité-prix est très correct.

En cinq ans, beaucoup d’eau a dû couler sous les ponts de Sainte-Marie. Nous ne sommes certes pas à l’abri d’émettre un avis dans des circonstances peu propices pour les restaurants au moment où nous les visitons, mais en l’espèce, il nous semble bien constater une belle évolution dans la qualité de la cuisine du « Ô Karambol ». Nous regrettons le manque de dessert (un gâteau ou une tarte maison aurait été bienvenu), et les entrées uniquement en libre-service. Une petite entrée, une seule, dressée dans une assiette, suffirait en effet à ajouter davantage de relief à ce moment privilégié du déjeuner, quitte à utiliser les produits exposés dans les bacs. Certaines personnes, quand elles sont assises, n’ont plus envie de se relever pour aller se servir. Les plats, pour leur part, sont très bons, même si une petite tendance à la main lourde est à noter sur le sel. Rien de dramatique. C’est conséquemment avec grand plaisir que nous attribuons au restaurant Ô Karambol une belle fourchette en argent méritée.

FourchettesPour résumer : Accueil : bien • Cadre : bien • Présentation des plats: bien • Service: très bien • Qualité des plats : bons • Rapport qualité-prix :  perfectible.
Impression globale : bonne table
Fourchette en argent

La présente critique a été réalisée le 21 avril 2017, à partir de midi, et ne prétend pas être une vérité absolue et définitive. Notre point de vue est subjectif, par nature, mais parfaitement honnête. Nous certifions n’avoir aucun rapport de près ou de loin avec les propriétaires de ce restaurant et aucun intérêt à attribuer à ce dernier une bonne ou une mauvaise note. Dans tous les cas, le restaurant dispose d’un droit de réponse.

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