La Carangue

Dans la petite bourgade de l’Étang-Salé-les-Bains, on peut se restaurer dans divers endroits, proposant plusieurs sortes de mets, dont deux établissements aux cartes pléthoriques, l’un d’eux ayant récolté une fourchette en inox il y a quelques années. On y retournera.

Celui que nous visitons aujourd’hui ne peut pas être manqué : il se trouve pile en face de la voie d’accès au village quand on quitte la route des Tamarins finissante. C’est La Carangue, juste à côté de l’église. Carte et buffet sont proposés. Nous choisissons le buffet, avec ses entrées de crudités, et ses sept caris à déguster, accompagnés de lentilles, de riz jaune et blanc, plus deux rougails, citron-oignons et zévis. La salle d’environ 80 couverts est confortable, rafraîchie par une climatisation et deux énormes ventilateurs (crasseux) qui font un vacarme d’ATR au décollage.

Salade CatangueCivet de porc, cari d’espadon, cari de canard et de coq, canard au baba-figues se retrouvent dans notre assiette. Nous laissons les rôtis de porc et de poulet, ainsi que le porc aigre-doux. Auparavant, nous goûtons aux salades et au achard de légumes. Tout est très croquant et rafraîchissant, mais étant encore à température de chambre froide, les saveurs sont un peu éteintes. Le achard manque notamment de peps, mais reste mangeable.

IMG_2968Nous entamons les plats de résistance par l’espadon. Ce dernier offre des sensations convenables, grâce à un gingembre qui ressort en pointillé. La chair moelleuse du poisson est goûteuse, mais pas sauvage. La sauce de cari l’a bien domestiquée. Les rougails l’accompagnent judicieusement, surtout le rougail zévis, l’autre étant un vrai tas de sel.

Le canard, fumé ou pas, en cari ou au baba-figues, n’est pas très joli à voir. La viande est décharnée. Au demeurant, heureusement qu’il est affiché « canard au baba-figues », car le baba fait plus de la figuration qu’autre chose. On ne sent son goût qu’à peine, même en prenant son temps pour rassembler le peu qu’il y a, et en le dégustant seul. Bien triste. Nous aurions plutôt préféré un baba-figues au canard, en fait. Il est certain que les baba- figues ne sont pas forcément courants (encore que…), mais ce n’est pas une raison pour les noyer ainsi dans un cari, juste pour faire genre. Pourquoi ne pas envisager plutôt un plat à part, bien pimenté, quitte à ce qu’il n’y en ait pas pour tout le monde ?

Cari CaranguesLe cari de coq est plus intéressant, à tout point de vue. Les épices roussies, où dominent le poivre joyeux, l’ail et le thym qui s’extirpent avec plaisir des recoins osseux. Le fumet est là, volontaire et presque conforme à nos attentes, même si la viande, estampillée fraîche ne propose pas le mordant des coqs la cour traditionnels.

Le civet de porc est dans la même veine que le coq. Très joli fumet, surtout avec le vin cuit qui nous pose au nez une humeur appétissante. Les morceaux de poitrine, plus que dorés, font alterner les sensations masticatoires, entre le moelleux du gras, la légère fermeté du maigre et le collant de la peau. Quasiment pas de sauce, et c’est tant mieux. Le riz s’en accommode très bien, les lentilles aussi.

Ces dernières pour leur part sont assez crémeuses et goûteuses. Le riz jaune paraît un peu gras aux entournures, mais donne de bonnes sensations en accompagnant les caris. C’est tendre, enveloppé, gourmand. Son frère blanc ne fait pas moins bien. Mention spéciale pour les brèdes chinois, croquantes à souhait, et éclatantes en bouche de leur saveur poivrée teintée d’une légère amertume, avec une touche de moutarde.

Addition tout compris (boisson, buffet et café) pour une personne : 19 euros. Le rapport qualité-prix est bon.

Avec un buffet à 15 euros, il ne faut pas vous attendre à trouver à La Carangue des plats préparés avec des produits haut de gamme. La tenue approximative des volailles le prouve. Qu’importe, tous les caris que nous avons dégustés sont parfaitement cuisinés, dans la tradition créole. Les saveurs sont là, sans être déguisées, et le sel est bien dosé, sauf accident dans un rougail. Nous pourrions juste remarquer une tendance générale des plats à être gras. C’est vrai que le porc et le canard ne sont pas spécialement des viandes maigres, mais justement, point n’est besoin d’exagérer sur l’huile plus que le nécessaire, comme autrefois, où tout ce gras était « fané » pendant le travail aux champs ou ailleurs. Rien de méchant. Nous avons en revanche apprécié le riz (c’est si rare d’en trouver de bonne qualité, et bien cuit, au restaurant), le rougail zévis qui sort de l’ordinaire et la présence des brèdes. Le chef connaît bien son affaire, cela ne fait aucun doute. Encore un peu de travail, et La Carangue pourra revendiquer l’or, pourquoi pas. Pour l’instant, nous avons le plaisir de lui octroyer une belle fourchette en argent.

FourchettesPour résumer : Accueil : bien • Cadre : bien • Présentation des plats: buffet • Service: bien • Qualité des plats : bons • Rapport qualité-prix :  correct.
Impression globale : bonne table
Fourchette en argent

La présente critique a été réalisée le 29 mai 2017, à partir de midi, et ne prétend pas être une vérité absolue et définitive. Notre point de vue est subjectif, par nature, mais parfaitement honnête. Nous certifions n’avoir aucun rapport de près ou de loin avec les propriétaires de ce restaurant et aucun intérêt à attribuer à ce dernier une bonne ou une mauvaise note. Dans tous les cas, le restaurant dispose d’un droit de réponse.

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