L’Eté Indien

IMG_1661Voici bientôt quatre ans que nous sommes passés à l’Eté indien, à l’Etang-Salé-les-Bains. Il en a résulté une pauvre fourchette en inox. De l’eau ayant coulé sous les ponts depuis, nous décidons d’y retourner pour une mise à jour.

Certaines choses ne changent pas : même terrasse bondée, sans compter les tables à l’intérieur. Même carte géante, brossant toute la panoplie possible, ou presque : pizzas, pâtes, cuisine chinoise et « créole », et conséquemment, à n’en point douter, une belle chambre froide bien pleine derrière à défaut d’une armée pour faire tourner la cuisine. Bien entendu, nous choisissons la formule créole, à savoir un cari au choix accompagné d’une entrée et d’un dessert, apéritif inclus pour 29 euros.

IMG_1650L’accueil est souriant. Nous prenons une table au frais, et sommes servis assez rapidement d’un ti-punch. Chargé de glace comme il est, nous nous dépêchons de le déguster avant qu’il ne se noie. Le rhum à l’eau, c’est insipide, en sus d’être un outrage. A noter que sur la carte, il est précisé « Ti Punch ou Planteur, avec ou sans alcool ». Un Ti-punch sans alcool, qu’est-ce que c’est ? Du jus de canne avec un citron ?

Entre le rougail saucisse, le cari de poulet, le cari de thon massalé, le cabri massalé et civet de zourite, le cari de poisson « tradition » (du mérou aujourd’hui) et le civet de canard, notre choix se porte sur ce dernier.

IMG_1651En préambule, nous demandons le achard de légumes, pour ne pas nous farcir encore les samoussas et bonbons piments proposés en alternative dans le « panier créole », bon pour les touristes. Celui-ci est servi dans un ramequin… sale. Fort heureusement pour lui, il est croquant, si l’on excepte les haricots verts en boîte bien entendu. Et assez passable. Acidité un peu forte. Piment pas très prononcé (clientèle délicate oblige sans doute), curcuma trop bavard. Même si nous avons vu pire dans le genre. La petite salade qui l’accompagne est fraîche, et la sauce vinaigrette blanche par dessus fait bien son travail. Nous nous demandons conséquemment ce que vient faire l’autre petit bol de vinaigrette dans cette histoire. Certes certains doivent préférer leur salade « cuite » dans une sauce abondante, mais enfin tout de même. Avec ça, pas de pain. Nous devons le réclamer.

Pas d’eau non plus d’ailleurs. Il est hélas assez courant que le service des restaurants que nous testons omette de proposer de l’eau. A croire que l’on prend les clients pour des chameaux. Nous n’avons pas le temps de nous en formaliser, car le canard fait son entrée. En marmite dressé.

Nous réclamons le rougail. Décidément, cet établissement est adepte du proverbe « zenfan i plèr pas i gaign pas tété. » Et le rougail arrive. De la tomate coupée gros doigts. Tiens, pourquoi ne sommes-nous pas étonnés ?

IMG_1652Gros doigt aussi est cuisiné le canard. Nous avions pu sauver notre apéritif de la noyade, las, le civet ne s’en est pas sorti. S’il y a du vin là-dedans, on pourrait en compter les molécules. C’est fadasse à en pleurer. Zéro sur toute la ligne pour l’assaisonnement. Clous de girofle zéro. Laurier zéro. Poivre zéro. Saveur zéro. C’est d’autant plus dommage que la viande elle-même est ferme, et aurait demandé à voir son caractère mis en relief. Au lieu de ça la sauce la laisse tomber comme une pauvresse. Les quantités sont en revanche conséquentes. Compte tenu de la médiocrité de cette affaire, ce n’est plus de l’optimisme, c’est considérer que le client est atteint de boulimie associée à de l’agueusie (ce qui est sans doute le cas pour certains).

Rien à dire en particulier sur le riz, tout juste au-dessus de l’infâme riz basmati sec et sans doute pas cher que trop de restaurants proposent à leur clients « parce-qu’ils aiment ça » soi-disant…

Les grains sont mangeables. Bien cuits, mais en sauce un peu claire. Nous demandons le dessert, une salade de fruits, et un café. Ce dernier est servi en premier. Nous attendons. Nous attendons encore. Ça va, ça vient. Ça discute. Nous détestons le café froid, aussi le petit noir prend la pente. Aussitôt fini, la salade de fruit, jolie, jolie, ramène enfin sa fraise. Nous la renvoyons aussi sec, avec le malaise. Et le restaurant fait un geste commercial, reconnaissant le couac.

Nous repartons donc délestés d’un peu moins de 29 euros, et lestés de déception. Le rapport qualité-prix boit la tasse.

Oui, en effet, rien n’a changé à l’Eté indien. Toute la vie semble être pareille à ce matin, comme chantait le Dassin. Le service est aimable, certes, et semble (« semble », oui, mais c’est loin d’être parfait !) faire de son mieux pour satisfaire la horde clients attablés, venus se sustenter de la foultitude de plats qui sortent des cuisines, et qui doivent sans doute être meilleurs que ce que nous avons mangé aujourd’hui. Sauf épidémie de boulimie.
C’est toujours l’usine donc, à l’Étang-salé-les-bains. Mais à notre sens, proposer ce genre de cuisine réunionnaise au rabais, noyée dans une carte hétéroclite, n’est pas servir les intérêts de notre gastronomie. Les touristes fraîchement débarqués doivent savoir que « ça » est à des années lumières de ce que La Réunion peut mettre dans leur assiette. L’été indien semble inoxydable, et si c’est bien la fourchette en inox qu’elle avait récolté il y a quatre ans, cette année, c’est fantastique, c’est du plastique !

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Fplast
Pour résumer. 
Accueil : bien • Cadre : bien • Présentation des plats : moyen • Service : moyen • Qualité des plats : mauvais • Rapport qualité-prix : mauvais. Impression globale : insuffisant

Fourchette en plastique

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LA PRÉSENTE CRITIQUE A ÉTÉ RÉALISÉE LE 26 JANVIER 2018, À PARTIR DE MIDI, ET NE PRÉTEND PAS ÊTRE UNE VÉRITÉ ABSOLUE ET DÉFINITIVE. NOTRE POINT DE VUE EST SUBJECTIF, PAR NATURE, MAIS PARFAITEMENT HONNÊTE. NOUS CERTIFIONS N’AVOIR AUCUN RAPPORT DE PRÈS OU DE LOIN AVEC LES PROPRIÉTAIRES DE CE RESTAURANT ET AUCUN INTÉRÊT À ATTRIBUER À CE DERNIER UNE BONNE OU UNE MAUVAISE NOTE. DANS TOUS LES CAS, LE RESTAURANT DISPOSE D’UN DROIT DE RÉPONSE.

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