Le Monde des Saveurs

IMG_7064La saison des mangues mûres est passée au « Boulevard la Providence », M. Fourcade ! Tant pis, à défaut de danser, nous allons déjeuner au restaurant « Le Monde des Saveurs ». Et c’est sans doute la Providence, en ce vendredi saint, qui nous fait trouver une place de parking à proximité. Le restaurant est logé dans une petite bâtisse propre, en bordure de l’artère, non loin du supermarché du coin. Un comptoir vitré, où salades et tartes salées sont exposées, accueille les clients en quête de barquette.

À l’arrière, les cuistots et commis s’activent. À droite du comptoir, quelques tables sont dressées pour recevoir 18 personnes. Tableaux au mur, déco simple et chaleureuse. C’est confortable. La carte est très variée. Dans la catégorie « métro », on retrouve du steak haché de thon, grillé, sauce tartare, un pavé d’espadon sauce béarnaise, une langue de bœuf sauce tomate, des quiches, cinq salades pour tous les goûts, plus des desserts maison : quatre tartes, crème brûlée, fondant au chocolat. Dans la catégorie « Réunion » : le rougail morue du vendredi côtoie des manchons de canard aux olives, de la côte de porc à la chinoise et un sauté de mines aux crevettes, qui a déjà disparu. Va pour le porc et la morue. Un jeune serveur nous amène nos apéritifs, et nous les sert. Un bon point. En revanche, il repart sans même nous demander si on prendra de l’eau… Il revient peu de temps après avec nos assiettes. Celles-ci sont dressées proprement, simplement, et font plaisir à l’œil. La morue affiche une couleur appétissante. Le riz est servi en bonne quantité. La côte de porc est belle.

C’est parti.

IMG_7071Oui, elle est belle, la côte, toute drapée dans sa sauce d’huître épaisse, qui teinte le riz et lui confère des atours soyeux. En bouche, la viande présente quelques sécheresses, par-ci par-là, mais sans gêner la mastication outre mesure. Les abords sont plus tendres, un ou deux morceaux de gras viennent avantageusement rééquilibrer tout ça. La sauce, en parfait équilibre entre un salé dosé et un côté plus doux assez timide, laisse sur la longueur comme une réminiscence fumée intéressante, qui profite des oignons fondants. Les bouchées sont conséquemment gourmandes, d’autant que le nez en profite pleinement.

IMG_7072La morue est un cran en dessous. Si elle arbore une belle couleur, elle manque d’émiettage. Et pourtant, cuite comme elle est, les quelques morceaux plus importants éclatent tout seuls. L’odeur est conforme à ce qu’on attend d’un rougail morue typique ; gingembre, oignon et persil se mélangent agréablement. En bouche, le gingembre s’avère tout de même un poil autoritaire, et la chair laisse en partant une sensation peu agréable de « mouillé ». L’évidence s’impose : ce rougail-là manque de croûtage de fond de marmite, qui lui aurait relevé un peu les émanations frites de dessous de bras, dans le même esprit que la cousine snoek ! Là-dessus un piment vert « crasé », en pluie par-dessus ou servi à part, aurait mieux joué que le rougail concombre pourtant très bon, et servi en quantité moléculaire.

Le riz est très bon également : ample, souple, proposant une mâche efficace, surtout avec la morue. Les grosses lentilles, veloutées, donnent de la voix. Ça sent presque la terre caillouteuse. Les assiettes sont vidées, puis remplacées par celles des desserts.

IMG_7075Nous avons opté pour la tarte ananas-banane et le moelleux au chocolat. Ce dernier est servi chaud. Il dégage un chocolat noir puissant. Avis aux amateurs. La tarte donne dans le « comblage », mais l’épais appareil n’empêche pas les saveurs des fruits de s’exprimer, et le fond de tarte donne dans le croustillant de temps à autre. C’est dense, mais bon. Addition pour deux repas, deux boissons et deux desserts : une trentaine d’euros. Le rapport qualité-prix est excellent.

Voilà une adresse sympathique de Saint-Denis, qui mérite votre passage. Les lieux sont un peu exigus, et la file (importante) des clients qui attendent les barquettes entrave l’entrée. L’accueil pourrait être amélioré. Mais l’affluence du coup de feu ne laisse pas le personnel respirer. Le service est aimable et efficace. La cuisine, très variée, s’est visiblement taillé une bonne réputation. En ce qui nous concerne, nous avons très bien déjeuné. Les plats sont assez goûteux, pas trop salés, bien présentés. La barquette achetée la veille en guise de premier test informel, un ti-jacque boucané, était sans doute un accident. C’était en effet médiocre. Les desserts maison sont corrects. Rien d’autre à ajouter sinon décerner au « Monde des Saveurs » une belle fourchette en argent. « Boul’vard la Providence, la saison mangue mûre, pendant qu’tout l’monde y danse... » Voilà, maintenant que vous avez l’air en tête, bon courage pour l’en extirper ! Joyeux dimanche de Pâques !

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Farg2
Pour résumer.
 
Accueil : moyen • Cadre : bien • Présentation des plats : bien
 
Service : très bien • Qualité des plats : bons • Rapport qualité-prix : bon. Impression globale : bonne table

Fourchette en argent

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