Le Jamblon

Il est midi tapante quand nous arrivons au Jamblon, restaurant de la Bretagne, posé sur la route Gabriel Macé. Pas un chat, ou presque. Quelques quidams repartent avec des barquettes.

IMG_0462Le menu inscrit à l’entrée mentionne des plats de type brasserie, et quelques autres locaux et « exotiques », comme ce poulet rôti « à l’orientale ». « C’est fait avec les épices du coucous » précise l’homme qui nous accueille. Oui, nous avions bien senti l’odeur en arrivant. Entrecôtes, magret de canard, tartares, salades, voilà en somme l’essentiel du menu, avec un porc au caramel et un cari de poisson au gingembre, jeu de chair en cubes ordinaires baignant dans la sauce. Nous choisissons le poisson frais grillé et le poulet « oriental ».

La terrasse d’une soixantaine de couverts, où trône le jamblon, se remplit peu à peu tandis que nous goûtons au cocktail de fruits frais, contenant « un peu de tout » nous dit-on en énumérant une longue liste de fruits. Le résultat n’est pas joyeux. A peine une saveur douceâtre noyée dans l’eau. Même le thé industriel servi avec est meilleur. A 6,50 euros, ça fait cher le cocktail.

IMG_0465IMG_0473Les assiettes dressées ne tardent pas. Peut-être auraient-elles dû. En effet, le poisson est servi cru à cœur. A ce compte-là, le tartare frétille encore. Il retourne en cuisine et nous revient une dizaine de minutes plus tard un peu cramé sur le dessus. L’espadon est brut de décoffrage en terme de goût, le citron le civilise un peu. Heureusement que la texture est restée moelleuse après le supplément de cuisson. Nous avions demandé l’espadon « nature », finalement une petite sauce aurait bien enrobé tout ça. Peut-être eut-il fallu choisir le filet de Saint-Pierre sauce vierge.

IMG_0468Le poulet n’est pas grandiose. C’est du poulet industriel « de lo », tout de même correctement rôti, mais qui ne propose pas de saveurs à la hauteur de l’odeur qui nous avait interpellés. La chair est tendre, elle présente cependant des côtés rosés à l’intérieur. C’est la course en cuisine ? Pas le temps de cuire correctement les aliments ? Si le plat rappelle peut-être lointainement un vague couscous au poulet en conserve, il baigne dans l’huile et  tient davantage du poulet sauce d’huître gras que d’autre chose.

Le riz est très standard, avec des grains détachés. Ce n’est pas du grand luxe, mais il reste mangeable. Les haricots sont atomisés par des feuilles de caloupilé, avec un arrière-goût assez étrange. Le rougail courgettes est un tas de sel, nonobstant le fait que de nos jours il est bien difficile de trouver des courgettes qui ont du goût.

Les desserts sont bons, sans faire de feu d’artifice. La crème brûlée « à la fêve de Tonka », servie chaude dehors, tiède dedans, est assez satisfaisante. Les mignardises servies avec le café gourmand sont passables, sauf la salade de fruits, fade, comme un rappel du cocktail.

Addition : 55€ pour deux repas, apéritifs compris. Le rapport qualité-prix est perfectible.

Midi trente. La terrasse est bondée. Le restaurant semble être prisé. Aurions-nous choisi les mauvais plats ? C’est possible. Sommes nous arrivés un mauvais jour ? C’est aussi une éventualité. L’accueil et le service, eux, sont très professionnels, bien que nous ayons encore dû réclamer notre carafe d’eau. Que dire de plus sinon que les plats que nous avons dégustés aujourd’hui sont assez quelconques. Cela est d’autant plus décevant que l’établissement nous avait été recommandé. Si c’est juste pour se nourrir, à ce prix là, autant rester chez soi. Nous quittons le Jamblon après lui avoir décoché une fourchette en inox.

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Finox
Pour résumer. 
Accueil : bien • Cadre : bien • Présentation des plats : bien
• Service : bien • Qualité des plats : très moyen • Rapport qualité-prix : perfectibleImpression globale : mitigée

Fourchette en inox

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Un week-end gourmand à l’Entre-Deux

La commune de l’Entre-Deux recèle bien des trésors. Vous n’aurez pas assez d’un week-end pour les explorer tous, surtout si vous êtes adeptes de randonnées, et de bonnes tables. >>>Voici quatre adresses incontournables où aller en priorité.<<<

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Entre Nous…

IMG_7314Le restaurant de l’hôtel Dimitile s’appelle « Entre-Nous ». Un nom en forme de jeu de mot sur l’Entre-Deux et le romantisme. Cette critique est également « entre nous » : elle n’est pas publiée dans le Journal de l’île. D’ordinaire, nous ne testons pas les adresses proposant des plats métros ou assimilés, cette critique est donc plus subjective encore que les autres. Il serait toutefois opportun que la nouvelle direction se pose des questions concernant la cuisine de l’Entre Nous…

Voici ce qu’on peut lire sur le site de l’établissement : « Le chef élabore une cuisine créative, en revisitant les plats traditionnels créoles et européens. Les produits sont achetés localement, chez des producteurs connus pour la qualité de leurs fruits, de leurs légumes et de leurs viandes. Une gamme de plats végétariens est disponible », une cuisine « fusion créole ».

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« Fusion créole » il faut le dire vite.

Outre le fait d’avoir un seul plat créole à la carte, un comble pour un hôtel sur notre île à la gastronomie si riche (mais après tout c’est un choix stratégique comme un autre), nous ne voyons pas bien le côté « fusion » dans les plats affichés.

Nous avons dîné d’un « l’aspic de vivaneau aux épices douces, combava et citron confit » en entrée, et de « Saint-Jacques marinées, risotto d’orge et piquillos », en finissant par un dessert de café en trois textures, émulsion, biscuit et glace. Un repas qui ne nous a pas vraiment convaincu.

IMG_7317L’aspic (des aliments en gelée) est tyrannisé par le citron, lequel a dû être « confit » juste la veille. Les morceaux sont croquants. On ne voit dès lors pas bien où sont les « épices douces » et quelle est leur nature. Du combava, on ne perçoit que l’amertume. Le vivaneau, quant à lui, se manifeste en envoyant des salves brutes de vieux corail mort aux saveurs saumâtres.

IMG_7325C’est sans doute original de faire un risotto avec des grains d’orge, mais ceux-ci sont restés très « al dente », par rapport à un risotto classique. Assez désagréable. L’assaisonnement au fromage n’est pas trop mal, mais laisse le poivron timide. Les deux noisettes de Saint-Jacques, à peine assez grosses pour caler une dent creuse, et décongelées bien sûr, ont les prétentions à marée basse.

IMG_7331Le dessert au café est bien plus plaisant. Sucre maîtrisé, parfum qui reste au nez, beau jeu des textures, il termine en beauté un repas dont on ne sait trop quoi penser.

Si tous les mets sont du même genre que ceux que nous avons dégusté, ils sont hors sujet par rapport à la philosophie affichée. Et il y a encore du pain sur la planche. Surtout dans un village où pas moins de trois autres adresses proposent une cuisine française et du monde élaborée, et dont la réputation n’est plus à faire. Une vraie «cuisine fusion» aurait donc sa place pour mettre à l’honneur non seulement les produits de notre île, mais également sa gastronomie.

 

Hébergement correct

Côté chambre, la propreté est sans reproche. La décoration est un peu datée, mais les meubles en bois, et le sol en béton ciré rouge, donnent un peu de chaleur. Pas de climatisation, un simple plafonnier va tempérer la température, ce qui, à cette altitude, est bien suffisant, surtout en hiver. Le balcon est envahi par la végétation. Ce serait agréable si elle ne cachait pas presque totalement la vue. La literie de notre chambre est à revoir. Pour dormir correctement sur un tel matelas, il faut être fakir. C’est dur comme du béton. Renseignement pris, un lifting des chambres serait programmé pour l’année prochaine.
Rien à dire sur l’accueil et le service, très professionnels et aux petits soins, pas plus que sur le petit-déjeuner, relativement copieux… si l’on compare à des hôtels trois étoiles locaux, bien sûr …

Membre du Groupe Amanta resorts depuis un peu plus d’un an, l’hôtel Le Dimitile, quatre étoiles (si, si !), propose 14 chambres doubles et 4 chambres triples. Chaque chambre est lovée dans un cocon de verdure. La piscine est chauffée. L’hôtel organise régulièrement des événements, comme les dîners dans le noir, pour mieux ressentir les saveurs des mets, les week-end yoga, en partenariat avec l’association réunionnaise de yoga et des dégustations de vins.