Les Terrasses de Bellepierre : simplicité et convivialité

Le chef-lieu compte nombre de petits restaurants et snacks de qualités diverses, des camions-bar sales, les dionysiens savent où ils sont, aux petites structures de quartier confortables où les caris sont courus, en témoignent les nombreuses commandes de barquettes qui vident les bacs bien avant que sonne midi. La misère pour les retardataires. C’est un peu le cas dans le restaurant que nous visitons aujourd’hui.

Vous trouverez les Terrasses de Bellepierre sur la contre-allée du boulevard Sud, entre les rues Tourette et Philibert, peu après le pont Vinh-San. L’endroit est ombragé, accueillant, et le bruit de la circulation se fait vite oublier. Quand le patron vous sert du « chef », du « mon garçon » ou du « mon caf », vous commencez à cerner l’ambiance du lieu : la convivialité avant tout. Deux menus sont proposés : un créole, à emporter, et sur place s’il en reste, et un menu métro d’inspiration brasserie, plutôt sur place.

Les tables sont réparties à gauche et à droite du local principal. Nous prenons place et commandons des boulettes de bœuf sauce tomate, plus un cari de porc pomme de terre en barquette.
Les autres plats, cari poisson, civet de cerf et poulet aux fines herbes, sont manquants à l’appel, ou en voie de l’être. Côté métro l’on trouve des émincés de poulet aux fromages, de la langue de bœuf sauce piquante, une poêlée océane au pastis, du confit de canard aux champignons, un steak haché au roquefort, une omelette au lard pomme de terre, et un plus créole poulet rôti sarcives.

Le service est rapide. Une mousse plus tard nous faisons la fête aux boulettes. Nous n’allons pas vous faire un chapitre sur le boeuf, les boulettes ont exactement le même goût que du steak haché, seule la forme change. Tout l’intérêt du plat se trouve dans la sauce tomate, assez relevée en sel quand on la déguste toute seule, mais la viande compense, et fait ressortir le parfum frais et un côté méditerranéen du plat. Ce dernier passerait d’ailleurs très bien avec des pâtes fraîches, peut-être bien mieux qu’avec le riz jaune. Trois barres de dépit s’affichent sur notre front devant les grains longs et détachés du riz pourtant appétissant, et tout ragaillardi par le safran. Nous n’apprécions pas trop le riz typé basmati, qui joue au flipper entre dents, quand il accompagne autre chose que des plats indiens. Heureusement que le goût est là. Les grains blancs arrangent la texture du riz avec leur velouté. Le rougail courgette chauffe Marcel n’est pas à conseiller aux palais sensibles.

La dégustation de la barquette un peu plus tard, est satisfaisante. Le porc massalé pomme de terre, au nez, fait son intéressant. Les effluves sont d’ailleurs moins malbars qu’on pourrait s’y attendre. Cela rappelle un peu plus l’odeur riche et épicée de certains plats mauriciens, curry en moins. Le cochon étale un peu son propre musc par-dessus, laissant présager un massalé plus nuancé que tonique. La viande se fait tendre, et bien gorgée de sauce où une poudre de massalé civilisée manifeste autant sa présence en bouche qu’au nez. Pas l’ombre d’une feuille de caloupilé à l’horizon, mais le porc s’en passe très bien. Sur la fin, il laisse une longueur acidulée qui appelle la bouchée suivante. Les patates sont trop cuites à notre goût, mais ont fait office d’aspirateur à sel. Décidément, le cuistot a été frappé par Cupidon.

Nous déclinons les desserts qui n’ont pas été faits maison, et terminons le repas avec un café. Addition : 19 euros pour une pression, un plat sur place, une barquette et un petit noir. Le rapport qualité-prix est très correct.

Sans prétention ni roulage de mécaniques, Les Terrasses de Bellepierre régalent la clientèle depuis maintenant trois ans, et pour y avoir régulièrement acheté des barquettes, nous constatons une relative régularité dans la qualité des plats proposés. Certes, ce n’est pas de la haute gastronomie traditionnelle, faite avec des produits de grande qualité, sur un feu de bois d’expert, comme on peut en trouver dans d’autres lieux dont le nombre est hélas bien maigre. Mais réussir à faire une cuisine relativement bonne en maintenant le niveau est en soi louable. Ce n’est pas si évident. Il suffit que le chef s’absente et derrière ça ne suit plus, ce qui est très préjudiciable surtout quand un critique gastronomique choisit précisément ce jour-là pour se pointer. Nous n’avons jamais goûté les plats de brasserie des Terrasses de Bellepierre, mais en tout cas, pour ce qui concerne le menu créole, nous ne pouvons que recommander, le rapport qualité-prix étant honnête. Attention quand même au sel. L’amour, c’est bien, mais la tension artérielle aussi. Nous sommes repartis repus, avec un « merci mon caf » affectueux.

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