Mamilafé, des petits pots bio et locaux !

L’idée de produire des petits pots localement est dans l’air depuis quelques années, et c’est une maman, comme de juste, qui a pris le projet à bras-le-corps. Mamilafé est né en 2020 et se trouve aujourd’hui en phase de démarrage d’activité. Le premiers prototypes sont là. Maia Lainé, la gérante, nous raconte ce long accouchement.

J’ai eu cette idée à mon retour de métropole. Mon fils avait 6 mois et commençait sa diversification alimentaire. Je préparais ses repas moi-même, mais je n’ai trouvé aucune ofre satisfaisante de petits pots bios, pour me dépanner en cas de besoin”. Nous sommes en septembre 2018, la jeune maman décide de se présenter au concours « Startup Week-end » organisé à Saint-Pierre, avec son idée de proposer une alternative locale aux petits pots de bébé, un marché dominé par les géants Nestlé et Blédina.
Plusieurs personnes s’y rallient. Le projet, déjà structuré, obtient le deuxième prix. L’année suivante, rebelote, cette fois au concours de création d’entreprises innovantes de La Réunion, piloté par la Technopole. Jackpot ! Le projet rafle trois prix : celui du Public, le prix spécial Bio-économie tropicale, et le 2e prix du jury. Désormais forte de cette reconnaissance, la jeune biologiste de formation se lance dans la création proprement dite de son entreprise.
Etudes de marché, recherche et sélection rigoureuse d’agriculteurs et de coopératives bio, recherche de fournisseurs de bocaux, Maia a du pain sur la planche. Elle peut compter sur l’APTF (Association des Producteurs et Transformateurs Fermiers) de Trois-Bassins, laquelle lui fournit les infrastructures nécessaires au démarrage de l’activité, dont l’élément essentiel est un autoclave.

Les premier petits pots seront suivis de beaucoup d’autres.

TRAÇABILITÉ.

Les récompenses obtenues lors des concours et la bourse “Emergence” de la BPI aident également pour le démarrage, mais “le cheminement n’est pas facile”, confie la jeune femme. “Nous sommes tenus de respecter des contraintes réglementaires rigoureuses qui nous obligent à faire analyser les produits bio que nous sélectionnons, afin de voir s’ils n’ont pas été contaminés par des pesticides et autres traces de métaux provenant des environs immédiats des cultures. Et ce n’est pas donné. Nous tenons également à mettre en avant la traçabilité des fruits et légumes. Les parents doivent pouvoir savoir dans quel lieu et par qui ils ont été produits.” Elle envisage même l’inclusion future d’un QR code sur chacun des petits-pots pour faciliter l’accès à ces informations. Un sérieux que Maia revendique, pour
construire une activité pérenne sur le long terme. Outre l’APTF, la jeune entrepreneure veut impliquer tous les acteurs locaux susceptibles d’apporter leur concours dans la réussite du projet, en commençant par les étudiants (Licence ABCD, Agriculture Bio distribution et commercialisation de Piton Saint-Leu par exemple, ou des BTS du Lycée
Saint-Charles.)

Maia Lainé

CONSIGNE.

D’autre part, dans la logique environnementale, Maia souhaite consigner les bocaux en verre, qui pourront être réinjecter jusqu’à six fois dans le circuit. Emoka Réunion et les miels Faustin ont été approchés. “Nous sommes encore en phase de sourcing pour des contenants de 110 à 130 grammes au minimum.” indique Maia. Le contenu sera mixé “lisse” dans un premier temps, les textures plus grosses étant d’ores et déjà prévues. L’objectif est de sortir 1200 pots par semaine au début de l’activité, qui seront mis en vente sur le site internet de Mamilafé pour les particuliers, et seront également proposés au crèches et micro-crèches. Maia annonce des tarifs entre 2,70 et 3 € par pot. Les aliments sains, bio, aux saveurs locales, susceptibles de contribuer à la bonne santé et à l’éducation du goût des tout petits, ont certes un coût. Mais la vie des enfants a-t-elle un prix ? Comme le fait remarquer Georges Sauveur, agriculteur bio de la ligne des 400 au Tampon et militant de la cause environnementale qui contribuera à remplir les petits pots
avec ses fruits de saison.

Du chouchou pour les chouchous…

LA CONCURRENCE ? ET ALORS ?

Si Mamilafé arrive sur un marché occupé par les multinationales, elle compte bien s’imposer comme alternative péi sur une île qui compte parmi les taux de natalité les plus hauts de France, sachant que les enfants entre 6 et 24 mois mangent trois fois par jour ! Mais l’idée pourrait faire des émules et faire apparaître une concurrence directe. Certains artisans déjà installés sur d’autres créneaux, et équipés, pourraient s’engoufrer dans la brèche. Maia balaie cette éventualité d’un revers de main : “S’il y a de la concurrence, c’est qu’il y a un marché. Je leur dit bon courage !” Même pas peur, donc ! Les petits pots de chouchou et de citrouille, cuits à la vapeur et mixés dans leur plus simple appareil seront rejoints par d’autre légumes, fruits et rhizomes, puis déclinés avec des épices. Le panel est large pour ne pas dire presque infini : brèdes, cambar, patate douce, songe, banane, goyavier, avocat, agrumes, avec les parfums du combava, de la cannelle, du curcuma, par exemple. De quoi forger dès le plus jeune âge les palais des futurs défenseurs de notre art culinaire réunionnais et de notre riche terroir.

Maia Lainé avec Georges Sauveur, agriculteur bio.

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