La Case Pitey

Aujourd’hui notre balade gourmande nous emmène dans le sud, à la Rivière-Saint-Louis plus précisément. C’est là que se cache notre découverte du jour :  la Case Pitey. Le restaurant est une belle demeure créole entourée d’une végétation luxuriante, avec un kiosque au milieu, idéal pour un dîner en amoureux.

L’accueil. Nous sommes accueillis par le chef de salle avec un grand professionnalisme. La varangue et le kiosque étant occupés il nous installe à l’intérieur, dans une salle magnifiquement décorée. Les chaises capitonnées de cuir ont le dossier en tissus rouge et noir. On nous propose la carte, puis l’apéritif, que nous déclinons gentiment, préférant une bouteille à bulles sans alcool. A la carte nous trouvons des plats aussi appétissants les uns que les autres comme le tournedos Rossini, le filet de bœuf sauce Périgueux, la pièce de cabillaud poêlée en croûte de crabe, ou encore la déclinaison d’agneau de Sisteron aux senteurs Provençales. En dessert :  le volcan de la Case Pitey et cœur framboise, Soufflé au chocolat et son milk-shake a la fève Tonka. 

Malheureusement nous ne pourrons les commander puisque ces plats à la carte ne sont servis que le soir et les week-ends. Nous prenons donc la proposition à 28€ entrées-plats-desserts. 

1) Foie gras des Landes à la fève Tonka et son chutney, Pièce de cerf grillée- Purée à l’ancienne sauce grand Veneur, Tartelette sablée à la pomme cannelle
2) Tartare de thon « Big Eye « et sa roquette bio de la Rivière, Filet de dorade Coryphène planché à la provençale, Volcan chocolat noir Valrhona « Guanaja  » 

Pour patienter on nous amène un amuse-bouche : la crème avocat- citron au wasabi et sa crevette parsemée de piment. La crème est lisse et douce, l’apport en citron est maitrisé… C’est une belle mise en bouche. 

Filet de daurade coryphène planché à la provençale : La daurade cuite sur peau est posée sur une ratatouille qui est légèrement compotée ce qui donne cette sensation de douceur au palais. Le poisson quant à lui est grillé à l’extérieur et moelleux à l’intérieur. C’est de cette façon qu’on se doit de le manger pour apprécier toute sa saveur il est agrémenté d’œufs de poisson. 

Pièce de cerf grillée – Purée à l’ancienne et sauce grand veneur. L’assiette est belle un trait de coulis d’herbes en son milieu, deux pièces de cerf et la purée dressée au cercle légèrement gratinée. Tout est excellent, la purée au goût de « reviens-y », le cerf très tendre avec juste ce qu’il faut de sauce. 

Volcan chocolat noir Valrhona « Guanaja » est un moelleux au chocolat servi avec une glace vanille des groseilles et des zestes de citron vert. Nous avons fini cet excellent dessert sans faim.

Tartelette sablée à la pomme cannelle. La belle assiette est présentée avec une glace en verrine, des zestes d’orange confites et des morceaux de caramel-pistache ( colle aux dents ). La tartelette est très bonne et l’unique quartier de pomme au parfum de cannelle est fondante. Nous avons beaucoup aimé.
Le café servi avec des petites mignardises finit cet excellent déjeuner 

« La Case Pitey » nous a montré qu’on peut manger une cuisine gastronomique à moindre coût. Les assiettes qui ont défilé devant nous aujourd’hui étaient toutes au top, tant au niveau des saveurs, de l’esthétique, que du rapport-qualité prix. Ces bons points ajoutés au « fait maison » sont autan arguments pour décerner à la Case Pitey la fourchette d’or . 


Pour résumer :
Accueil : très bien • Cadre : bien • Présentation des plats : très bien
Service : bien • Qualité des plats :  excellent
Impression globale : excellente table
Fourchette en or

Le Vieux Kréole

Aujourd’hui, nous mettons les pieds sous table du Vieux Kréole, restaurant du quartier du Butor à Saint-Denis, à l’arrière de l’ex-BUT. Avec 120 places assises possibles et un buffet d’une dizaine de plats, créoles pour la plupart mais aussi chinois, l’endroit pourrait passer pour la cantine standard des travailleurs de semaine.

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Rougail morue, cari la patte cochon, rougail d’andouillettes, sauté de poisson aux légumes, cari de poulet fermier, riz aux légumes, poulet croustillant, il y a de quoi exciter les papilles de tout créole du cru. Et si ce n’était pas suffisant, la présence d’une fricassée de brèdes chouchous, chose aussi rare dans les restaurants créoles qu’un rosbif dans la gamelle d’un végétarien, nous a convaincus que le patron tient à justifier l’appellation « Vieux Kréole ». « Vieux » dans le sens authentique et traditionnel bien sûr. Les pattes de poulet dans le cari, les rougails pistaches grillées, les piments confits et les desserts maison abondent en ce sens.

L’accueil est sympathique et attentionné. Le cadre chaleureux et confortable fait oublier l’extérieur citadin très béton. Deux ou trois objets lontan viennent agrémenter l’ambiance, trop discrètement. On est loin du petit musée qu’on peut trouver au Gadiamb, par exemple.

Nous entamons donc les hostilités dans la joie, la bonne humeur, et avec un cocktail de pitaya-ananas-passion pour nous nettoyer la glotte. Très frais cocktail, sucré certes mais goûteux. C’est parti !

Le rougail d’andouillette est sage en goût comme en sel. Le produit lui-même contient pas mal de viande moulue et n’est pas très gras. Il est oint d’une sauce tomate standard tout à fait correcte, en boîte semble-t-il, et assez épicée pour faire de ce rougail un plat qui donne envie d’y revenir.

Le cari la patte est délicieux. Sa couleur sombre et la brillance de la peau appellent la fourchette, laquelle n’est pas déçue du voyage tant la viande est très présente, moelleuse et parfumée. Le coup de fouet supplémentaire d’un petit vin rouge charpenté ou même d’un flambage au rhum n’aurait pas été de trop pour ajouter plus de tonus au plat, mais nous laissons ces broutilles et finissons la patte sans chagrin.

Le poulet, pour sa part, affiche son ascendance fermière ne serait-ce que par ses pattes, morceaux courus du créole spécialiste en suçage des os, avec les doigts bien sûr. La viande donne juste assez de résistance pour confirmer le fait, et déploie en bouche sa saveur authentique et ce d’autant plus que le sel y est raisonnable. Les sensations au palais et dans les sinus se répondent parfaitement, signant une dégustation concluante.

Mention spéciale pour la fricassée de brèdes chouchous, qui, en sus du fait d’exister, n’a pas l’outrecuidance de présenter des oignons comme certains oseraient en mettre dans ce plat. Le croquant est équilibré, comme le sel aussi d’ailleurs, ce qui contente à peu près tout le monde, des herbivores qui aiment ces brèdes-là juste sautées, aux tenants du bien cuit limite bouillon.

Chose peu courante, pour autant que nous ayons pu en juger lors de nos pérégrinations, les rougails ne font pas que de la figuration. Ils existent et le revendiquent presque. Placés en tête de buffet, on ne peut pas les oublier. Le rougail pistaches grillées a une belle couleur crème foncée, et donne des sensations en bouche qui rappellerait à beaucoup la cuisine de mémé. Fantastique avec la patte cochon.

Les piments confits, à ne recommander qu’aux estomacs tolérants, surtout pour le piment cabri, se croquent volontiers avec les andouillettes dont le retour de fumet se marie bien avec la libération de l’acidité vinaigrée.

Le rougail margoze dansera plutôt avec le cari de poulet, en lui relevant les ergots histoire de lui faire passer sa timidité première. Croquant itou est le légume à peau de lézard, qui vous reste au nez comme un souvenir de la bouchée précédente.

Nous prenons la pause nécessaire avant d’aller tâter les desserts.

Parmi les gâteaux créoles traditionnels, nous optons pour la mousse de cambar, plus une crème brûlée. La mousse du tubercule mauve est joliment présentée, très en raccord avec la couleur des murs d’ailleurs. Celle-ci est légère et superbement parfumée, avec des accents de menthe et, plus lointains, d’anis. Un bonheur en compote pour des coqs en pâte !

Nous allons réclamer l’addition. 40 euros pour deux personnes, sans les boissons. Les buffets à volonté s’affichent à 14 euros. Très correct compte tenu de la qualité globale.

C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleurs caris, dit-on. Depuis un an et demi, le Vieux Kréole propose à sa clientèle une cuisine traditionnelle dans un cadre moderne et confortable, à deux pas des lycées du Butor et de Champ Fleuri. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le sieur Clain, traiteur connu par ailleurs, a su donner à son affaire un joli tour puisque les deux salles sont pleines. Notre dégustation nous a révélé une cuisine généreuse, simple, respectueuse de la tradition, autant que faire se peut, et à la recherche des petits « plus » qui vont faire la différence par rapport à la concurrence. Nous aurions même envie de voir décliner ce buffet en une formule à l’assiette, semi-gastronomique, pour aller encore plus loin dans l’exercice. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, pour l’accueil souriant, le cadre, l’effort de présentation sur le dessert, et la qualité globale des plats proposés, nous sommes heureux de décerner au Vieux Kréole une jolie fourchette en or.

Pour résumer : 
Accueil : très bien • Cadre : bien • Présentation des plats : buffet
Service : très bien • Qualité des plats : très bons
Impression globale : excellente table
Fourchette en or

Le Bout’Chandelle

Aujourd’hui, notre balade gourmande nous emmène à Saint-Paul où nous visitons le restaurant « le bout’ chandelle ». Situé dans la rue Marius et Ary Leblond il bénéficie d’un grand parking à proximité. 

L’accueil. Dès qu’on entre dans le restaurant on se sent privilégié. Franck, le patron, assure lui-même l’accueil avec une dextérité rare qui mérite d’être soulignée. Il nous place à une table au fond de la salle, tout prêt d’un parterre de plantes luxuriantes et nous apporte la carte avec une belle assiette d’amuses-bouches composée de feuilletés de fromage et d’espuma (crème) de tapenade. Aussi délicieuses que belles,  ces petites choses nous ont ouvert l’appétit. Très bon point. Sur la carte : du foie gras, du porc, de la daurade à l’honneur, mais pas de plats créoles. Nous optons pour menu à 35€ qui comprend un carpaccio de daurade, un filet mignon sauce au thym et un moelleux au chocolat. Nous commandons aussi un foie gras et ses toasts et un pavé de daurade accompagné de purée de patate douce. 

La salle. Elle est bien éclairée et très accueillante. Les tables sont superbement nappées, les chaises qui les entourent, noires et hautes, offrent ainsi une confortable assise. On est bien installés,  que les hostilités commencent !

Le carpaccio de daurade. On pourrait appeler aussi ce plat « plaisir des yeux et des papilles ». Le poisson est frais, la sauce vinaigrette à l’orange qui l’accompagne est douce avec un léger côté acidulé. C’est dire si le chef l’a bien maîtrisée. Les quelques zestes d’oranges confits ajoutent un petit côté piquant. L’assiette est parsemée de brindilles d’aneth. Vraiment excellent. 

Pavé de daurade purée de patate douce . L’assiette copieuse est composée d’un beau pavé de daurade cuit sur peau et posé sur un lit de chutney de papaye. Elle est accompagnée d’un gratin de chouchou, d’une demi-tomate provençale et d’une purée de patate douce.

Mignon de porc, mousseline de citrouille, pommes de terre sauce au thym et quelques asperges. L’assiette est copieuse aussi. Les pommes de terres sont quant à elles fondantes. La viande moelleuse est ravivée par la sauce au thym ô combien onctueuse. Le seul point négatif : les asperges pas de toute fraîcheur qui étaient par conséquent de trop sur cette assiette. 

Le dessert moelleux au chocolat. « Waouuuhhh » on a envie de dire ! C’est tout simplement divin. La tiédeur du moelleux, son cœur coulant et la glace vanille qui l’accompagne, finissent en beauté ce moment gastronomique purement divin. Rien à dire, sauf que c’était très bon.

Aujourd’hui nous avons passé un moment de pure gastronomie. Le professionnalisme et le sourire de Gilda (la patronne), le service et l’amabilité de Franck, la gentillesse de leur personnel, plus des plats aussi excellents les uns que les autres :  il n’en faut pas plus pour que nous  décernions au « Bout’ Chandelle » la fourchette d’or. 

Pour résumer : 
Accueil : très bien • Cadre : très bien • Présentation des plats : très bien
Service : très bien • Qualité des plats :  excellents
Impression globale : excellente table
Fourchette en or

L’Escale Gourmande

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Aujourd’hui notre ballade nous emmène au Tampon à l’Escale gourmande plus précisément. Au premier abord le restaurant ne paie pas de mine. En cette fin de semaine la terrasse commence sérieusement à se remplir. Nous préférons pour notre part nous installer à l’intérieur. 

L’accueil est chaleureux et professionnel. Le serveur nous installe, apporte la carte aussitôt et répond à nos questions avec aisance. Il nous propose un apéritif alcoolisé que nous déclinons poliment et optons pour des cocktails softs.  Nous arrêtons notre choix sur le menu du jour à 10,50€ composé d’un carpaccio de thon – salade, d’une brochette de magret de canard – pommes au four et d’un crumble aux fruits. Puis nous prenons le menu à la carte (35€) : un médaillon de foie gras toast brioché, un pavé de poisson cuit sur peau au lait de coco parfumé à la citronnelle et un fondant au chocolat/Coulis d’orange pour terminer.

La salle. Très éclairée, elle peut contenir une cinquantaine de personnes. Sur les murs s’affichent quelques photos du chef entouré de célébrités, ce qui donne une idée de son parcours. Les tables sont dressées de nappes vertes et jaunes, les chaises hautes et noires font une assise très confortable. 

Carpaccio de thon. De fines tranches de thon coupées en carpaccio et un quartier de citron composent l’assiette qui est garnie aussi de salade, de rondelles de tomates et de concombres arrosés d’une bonne vinaigrette. Le thon parfumé à l’huile d’olive, est parsemé de fleur de sel et d’oignon rouge finement coupé en rondelles. Il est fondant à souhait. C’est une très bonne entrée. 

Brochette de magret pommes au four. La brochette, présentée sur une assiette arrosée de sauce et parsemée de brunoises de tomates et de persil haché est entourée de pommes de terre fondantes. On dirait même qu’elles ont été confites tant elles sont moelleuses. Verdict : très bon. 

Pavé de poisson cuit sur peau au lait de coco parfumé à la citronnelle. Le poisson du jour, comme nous l’a expliqué  le serveur, est le Seriole (ce poisson à chair blanche et ferme ressemblant à la dorade est très prisé des Japonais qui l’utilisent pour les suchis ou Teriyaki).

L’assiette est composée d’un très beau pavé de poisson servi sur un lit de purée de pomme de terre maison, le tout entouré de légumes. Il y a des lamelles de chouchous, des carottes coupées en petits tronçons, des pommes de terre et une mini courgette entière, le tout cuit au four pour un moelleux des plus succulents. Tout est douceur dans cette assiette. Une très bonne purée maison à l’émulsion coco-citronnelle légèrement safranée accompagne généreusement le Seriole, qui mérite d’être connu. Cela lui donne encore plus de caractère. C’est un plat très fin. On a plus qu’adoré. 

Médaillon de foie gras toast brioché. L’assiette, un beau médaillon de confit d’oignon avec une salade composée, est belle et bien présentée. Le foie gras légèrement rosé est parsemé de fleur de sel et de poivre. En bouche il est fondant. Associé au confit d’oignon, qui pour sa part est agréablement léger et doux, c’est  une pure merveille. Les toasts briochés bien croustillants nous font sentir qu’ils sont faits à la minute. 

Fondant au chocolat coulis d’orange. Sur le conseil du serveur nous avions commandé ce dessert en même temps que le menu car il est fait tout de suite. Il arrive donc  tiède. Le coulis d’orange est doux, mélangé au fondant c’est une explosion de saveur en bouche. Ce dessert à un autre nom :  « reviens-y »!

Ce chef est sans conteste un génie. Il transforme tous nos produits pei en de succulents mets qui nous épatent les yeux et les papilles. L’Escale gourmande est la preuve que manger dans un restaurant gastronomique à moindre coût est possible. Ajoutez à cela un service d’un professionnalisme rare et vous avez tous les atoûts d’une excellente table. Il n’en faut pas davantage pour que nous décernions à l’Escale Gourmande une très belle fourchette d’or. C’est la deuxième consécutive, après le Calbanon il y a quinze jours. Une première !

Le chef Gerrardo et son équipe vous attend les jeudi et vendredi soir pour faire une bouillaisse gourmande (Poisson/ Calamar/ Moules/ Gambas/ Crabe).  Vous pourrez également déguster des moules marinières ou à la crème avec leurs frites à 15€ les vendredi soir. 

Pour résumer : 
Accueil : très bien • Cadre : bien • Présentation des plats : très bien
Service : très bien • Qualité des plats :  excellents
Impression globale : Excellente table
Fourchette en or

Ti Resto lontan

[Visite en août 2012]

Aujourd’hui, nous débarquons sans tambours ni trompettes à la Plaine des Cafres, au Ti resto longtemps, situé pile en face de la maison du volcan en plein travaux. La salle, d’une cinquantaine de couverts, est décorée très simplement. Les tables sont agrémentées de véritables orchidées en pot, pour la touche authentique. 

Nous arrivons au beau milieu d’une trouée de soleil, et la température, très supportable est tout de même assez fraîche pour nous fouetter les sangs et nous ouvrir l’appétit. Ça tombe bien, la carte, essentiellement créole, est assez engageante. Ainsi, parmi les entrées on nous propose divers gratins (pommes de terres, chouchou, palmiste, bois de songe…) et des salades variées, chaudes ou froides. La liste des plats, outre les classiques, affiche quelques préparations plus ou moins inédites comme le poulet au coco ou une poêlée de crevettes au palmiste. Le poisson n’est pas en reste avec divers plats à base d’espadon, et on y trouve du camaron cuisiné à toutes les sauces (ou presque). Nous entrons donc et sommes accueillis avec le sourire par une sympathique demoiselle, qui ramène aussitôt la carte, collée au fond de vanes. Présentation jamais vue. Un point pour l’originalité.

Notre choix se portera d’abord sur un gratin de bois de songe et un foie de volaille à la crème et au vinaigre de framboise, que suivront un poulet palmiste (précisés fermier et frais), et un cari boucané baba-figue. La salle se remplit doucement de locaux autant que de touristes, tandis que nous sirotons notre apéritif avec modération. Pour une fois nous avons choisi un porto, et nous ne le regretterons pas. Les entrées sont là au bout de dix minutes, la présentation est correcte.

Et plus que correct sera le foie de volaille ! L’affaire est chaude, délicatement parfumée (étrangement il y a comme une humeur de figue), et donne toute sa mesure en bouche : onctuosité au début, velouté à la fin. La crème où l’on devine une pointe de moutarde danse la valse avec la saveur délicate du foie sublimée par la légère acidité du vinaigre de framboise avec lequel, nous le supposons, l’abat été déglacé. Et c’est là que le fond de porto entre en scène : juste magnifique. Il s’entend avec le foie comme larron en foire. Une gorgée, une bouchée, un morceau de tomate frais à la fin pour « claquer » tout ça et nous voici souriant béatement en repoussant l’assiette proprement nettoyée.

Le gratin joue dans la même cour. La béchamel, moelleuse, délivre finement sa partition au fromage. Ce dernier n’est pas trop agressif et laisse le bâton de songe s’épanouir. On y retrouve, sur la fin, en pointillé, le goût de fumé un peu âcre du légume qui donne au plat toute sa personnalité.

Un peu d’eau (que nous devons réclamer) pour rincer tout ça et calmer les papilles, quelques minutes d’attente, puis les caris arrivent, servis à l’assiette, excepté le rougail de courgettes et les grains blancs. Les portions sont correctes. Quelques brèdes viennent donner une touche de vert, mais il semble qu’elles ne soient là que pour la couleur, car en trop petite quantité.

La couleur du poulet, elle, est satisfaisante, ainsi que son fumet. Le premier coup de dent confirme la qualité « fermière » annoncée sur la carte, mais révèle aussi une chair trop blanche et plutôt sèche dans l’ensemble. Fort heureusement, le cari est parfaitement exécuté, tant dans son aspect que par l’odeur qu’il dégage. Et si la texture pêche un peu, le plat reste très bon, avec ses morceaux de palmistes goûteux et d’une légère acidité.

Enfin, le boucané baba-figue fait merveille. Point d’acidité ici, dans les bouchées de baba : cool ! La fleur de bananier en fines lamelles s’emmêle et fond lentement sous la dent. Le boucané, très équilibré pour ce qui est du gras, a distribué généreusement son parfum au fond de la marmite pour ce mariage réussi avec le baba, tout à fait dans la grande lignée de la tradition créole. Sur ces hauteurs chantantes du Sud, on entendrait presque la mère Turpin, Ethève ou Dijoux hurler de la case : « Ernestiiine ! » « voui ma mèèère !» « allé rode baba dan’ fond pou câri onze heeeure ! Et trap-lo-lave-riz-casse-bois-allume feuuuu ! » On se réveille. Les desserts. Finissons en beauté ce repas. Se sera crème brûlée et gâteau ti son. Une crème brulée flambée au vieux rhum, tiède, délicate, douce comme une fiancée de huit jours enchantera notre palais. Le gâteau ti son est dans la lignée du baba ci-dessus dégusté : conforme à la tradition, c’est à dire succulent mais étouffe-chrétien. Cela a été parfaitement atténué par la présence de crème et de chantilly : c’est bien vu ! Addition : 50 euros pour deux personnes, hors boissons. Nous repartons repus et satisfaits.

Le Ti’Resto Lontan affiche clairement son attachement à la tradition culinaire créole « au feu de bois » et ce n’est pas de la publicité mensongère. Même si tout n’est pas encore parfait, (une volaille « la cour » nourrie au maïs et autres produits naturels aurait été la bienvenue) le moins qu’on puisse dire est qu’on s’y régale. Le chef ne se contente pas de respecter ses classiques, il innove aussi, par légères touches, prudemment. Ouvert depuis un an et demi, Le Ti’ Resto Lontant, s’il n’en a pas l’air extérieurement en revendique en tout cas l’esprit, et nous l’y encourageons fortement en lui décernant une jolie petite fourchette en or !

Pour résumer :
Accueil : bien • Cadre : bien • Présentation des plats : très bien
Service : très bien • Qualité des plats : très bons
Notre impression globale : très bonne table
Fourchette en or 

L’Anse des cascades

[visite en juillet 2011]

Aujourd’hui nous nous sommes arrêtés à l’Anse des Cascades, afin d’y tester le restaurant du même nom, niché dans ce creux de verdure de la côte Est prisé des touristes et des pique-niqueurs patentés. L’établissement a été refait à neuf et n’a plus rien à voir avec l’épouvantable boui-boui qui vendait des bouchons suspects, il y a quelques années encore. La salle, spacieuse, lumineuse et confortable est recouverte par une structure de poutres en carrousel non dénué d’intérêt.

Lumineux aussi les sourires qui nous accueillent. Nous nous installons à côté de la baie vitrée afin de profiter un maximum du panorama. La carte qu’on vient de nous déposer fait la part belle aux produits de la mer : langoustes, camarons, crevettes et poissons. On y trouve également quelques shop-suey. Au menu ce jour : un cari de vivaneau qui fera bien l’affaire, précédé d’un gratin de papaye au saumon. Nous commandons aussi un cari Ti-jacques boucané et une salade de palmistes frais.

Pour éveiller nos sens, nous demandons le punch maison. Le breuvage, un planteur amélioré, est délicieux, léger, et servi frais comme il convient. Le temps que les plats arrivent, nous goûtons à la quiétude de cet endroit magique. Et voici les entrées. La salade de palmiste est copieuse, les minces lamelles reposent sur un lit de laitue et sont accompagnées, à part, d’une sympathique sauce blanche au citron. Vous avez le choix du dosage. Le palmiste ne s’en porte que mieux, tant au niveau de sa texture, qu’à celui de son parfum, si délicat. Le gratin de papaye est structuré en épisodes : le fromage, d’abord, qui en impose. Le saumon, ensuite, qui communique sa saveur à la sauce onctueuse. La papaye enfin, qui, bien que coupée un peu trop finement, tire quand même son épingle du jeu en affirmant sa personnalité typique que l’on retrouve dans les confitures, tout en laissant une très légère amertume en finale. Plats nettoyés. Place à la suite.
C’est service à l’assiette. Très bon point pour la déco, mais les quantités semblent un peu justes. Pure illusion d’optique : en fait les proportions sont correctes. Nous mélangeons un peu de riz à de la sauce ducari de vivaneau, portons le tout en bouche et un ange passe… vous entendez ? Vous sentez ces effluves d’iode et cet air du large qui vient caresser la grande cocoteraie qui murmure, là, au-dehors ? Clignant des yeux, nous rajoutons au mélange un peu de chair du poisson et le rougail de courgettes. Mais pourquoi trouve-lui-t-on un arrière goût de margoze ? Peu importe… cela magnifie encore la symphonie gustative. Par-dessus le marché, à notre agréable surprise, on nous a demandé si on voulait du piment dans le cari, et à quelle dose. Quelle délicatesse ! C’est rare. Et comment qu’on en veut du piment ! Et il affirme bien sa présence, le bougre, mais tout en relevant sans méchanceté les sensations que nous procure le cari, comme le vent soulève la houle qui chante au-dehors. Et ce n’était « que » du vivaneau, on vous laisse deviner ce que doit donner le poisson rouge !
A côté, le boucané Ti-Jacques n’est pas en reste. Le fruit vert, très finement haché, accompagne une viande pas grasse du tout et nous emmène dans ces vieilles cuisines au feu de bois « lontan », au fond de la cour, qui sentaient le canard fumé aux feuilles de mangue, la cendre chaude, et le bois fraîchement coupé. Le tout est tendre sous la dent, même le boucané maigre, qui en fin de compte capitule très vite. Nous sommes repus quand les desserts débarquent. Une banane flambée et une crème brûlée, très bonnes, viennent clore la rêverie. Addition : 51 euros et des molécules, pour deux personnes (apéritifs, entrées, plats et desserts). Autant dire très très correct en regard de la qualité des mets.
L’anse des cascades est indéniablement un établissement à fréquenter. Non seulement l’endroit est magique et reposant, mais en plus on nous y gratifie d’une cuisine très fine et goûteuse comme il sied à tout ce qui touche à l’art culinaire des produits de la mer. A l’instar de la Marmite, il y a quelques semaines, il n’est pas difficile de deviner que c’est la passion du métier qui anime ceux qui s’activent derrière, aux fourneaux. Le registre n’est pas le même, la manière non plus, mais alors les enfants, qu’est-ce qu’on y mange bien ! Preuve en est que la diversité des recettes et des « coups de main » est une grande richesse de notre gastronomie. Conséquemment, nous adressons à l’Anse de cascade une très méritée fourchette en or.

Pour résumer
Accueil : très bien • Cadre : très bien • Plats : excellents • Service : bien • Rapport qualité/prix : sympa
Notre impression globale : excellente table
Fourchette en or